La sortie de l’école : Peinture
de Désiré François Laugée, présentée
au Salon de Saint-Quentin de 1861.
Dans le Feuilleton de Rouen du 19 juin 1861, on trouve la
critique suivante sur le Salon de 1861 : « La
Sortie d’école est une scène
d’hiver, dans quelque village de Picardie, qui, par
la couleur, fait plutôt songer aux tableaux d’Adrien
Ostade qu’à ceux de Guillaume, son
frère, qui aimait à placer ses personnages
sur les canaux glacés de la Hollande, au milieu d’un
paysage couvert de neige. Un jour gris, mais limpide, éclaire
ma perspective d’une rue mal alignée, et le
soleil, qui a disparu derrière les toits, jette encore quelques faibles
clartés roses au zénith. Les mains dans les poches, la casquette
sur les oreilles, ou les mains sous le tablier et le châle sur la tête,
garçons et filles sortent frileusement de l’école
et regagnent à la hâte la maison sous la conduite des parents,
tandis que des gamins essaient encore la glissade tracée le matin dans
le ruisseau.
C’est réel sans être vulgaire, grâce à la
distinction de la couleur, à la finesse du ton
et au charme de la lumière de demi-teinte
qui enveloppe tous les personnages de ses transparences nacrées.
»
Dans le Feuilleton du Moniteur du 2 juillet 1861, Théophile
Gautier commente ainsi ce tableau : « La
sortie de l’école n’a pas ce joyeux tumulte d’écoliers
s’échappant de la classe, que son titre
indique. Il fait froid, le temps est noir, la neige couvre le sol de son tapis
glacé, les rares passants fuient en soufflant entre leurs doigts, et
les pauvres petits quittent en grelottant la chaude atmosphère
du poêle. La pensée d’une bataille à
coup de boules de neige les réchauffera sans doute. »