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Désiré François Laugée

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Peinture : Sainte Elisabeth de France lavant les pieds des pauvres

Sainte Elisabeth de France lavant les pieds des pauvres
Sainte Elisabeth de France lavant les pieds des pauvres

Désiré François Laugée
Sainte Elisabeth de France lavant les pieds des pauvres

Format : 133 x 265 cm
Technique : Huile
Support : Toile
Sujet : Sainte Elisabeth de France (Sœur de Saint Louis) lavant les pieds des pauvres
Localisation : Musee-des-Beaux-Arts-de-Rouen
Date : 1865 -

Sainte Elisabeth de France lavant les pieds des pauvres par Désiré François Laugée

Sainte Elisabeth de France lavant les pieds des pauvres Desire Francois Laugee peintre poete peintres et sculpteurs

Sainte Elisabeth de France (Sœur de Saint Louis) lavant les pieds des pauvres : Peinture de Désiré François Laugée. Huile sur toile 133 cm X 265 cm. 1865. Salon des Artistes Français de 1865.

Acquis par l’Empereur Napoléon III en 1865 lors du salon pour le prix de 8000 francs. Il fut placé au Palais de l’Elysée. Après la Commune de Paris et la Chute de l’empire, il fut rendu à la famille Impériale. En 1881, à court d’argent, l’ex-impératrice Eugénie le vend à Drouot avec 102 tableaux de sa collection. Il est acquit pour 3800 francs par Madame Catherine Dorian, 55 rue de la Faisanderie à Paris. En 1887, Madame Dorian le cède au Musée des Beaux-Arts de Rouen pour la somme de 2000 francs. Il est depuis lors la propriété de la commune de Rouen, Musée des Beaux-Arts. Peinture académique retraçant de grandes scènes religieuses dans un décor complètement inventé. Le personnage de Sainte Elisabeth est nimbée de lumière comme l’acteur sur scène. Il attire tous les regards.

Une esquisse (huile sur carton) a été exposée à l'Exposition des Beaux-Arts de Rouen de 1876. Dans son commentaire, Samuel Frère précise : "L'original de cette Sainte Elisabeth a eu sous l'Empire un succès que personne n'a oublié. Il avait été acquis pour la direction des Beaux Arts, et M. Gustave Morin l'avait demandé pour le Musée de Rouen ; malheureusement Napoléon III s'est mis sur les rangs: on le lui a cédé de préférence à nous ; et nous n'avons plus que cette esquisse, aujourd'hui l'honneur du salon de M. Georges Lemire, pour rappeler aux amateurs de bonne peinture combien était lumineuse et caressante pour les yeux, cette atmosphère ambrée où s'agitaient simplement groupées, les figures de Laugée : vieillards à la barbe blanche et au dos voûté, femmes au teint basané par le soleil et la misère, jeunes filles au visage de madone, contemplant gravement sous leur coiffe blanche ce mystère de la charité évangélique, la reine enfin enveloppée de son manteau fleurdelisé et à genoux, auprès des religieuses au vêtement noir. Au-dessus de tout cela, un air de calme et de religion aimable qui élevait l'âme vers de pieuses réflexions."

Dessin préparatoire à l’œuvre. Il y a une différence quant à la disposition des personnages dans le tableau final. Sainte Elisabeth est à gauche, face au pied droit qu’elle lave, alors que dans le tableau elle est à droite face au pied gauche qu’elle lave. Les personnages de part et d’autre sont disposés différemment dans les deux œuvres. Dans le tableau le faisceau de lumière est plus resserré et dirigé sur la sainte. :

M LaugéeSainte Elisabeth de France lavant les pieds des pauvres à l'abbaye de Longchamps dont elle était fondatrice. Voilà une toile tout à fait remarquable et qui dénote chez M Laugée un progrès obtenu par des études sévères. On ne dispose pas une scène avec cette grandeur, on ne pose pas un personnage de la noble façon dont est assis sur le trône le pauvre à qui la sœur de saint Louis essuie les pieds, sans avoir beaucoup travaillé avec les grands maîtres. Mais si on voit que M Laugée s'est fortement approprié leurs lignes magistrales, on reconnaît avec plaisir qu'il conserve sa manière et reste bien lui même. La sainte princesse accomplit la mission qu'elle s'est imposée avec une douceur mêlée de contentement ; elle fait l'admiration des sœurs de charité qui l'assistent et des malheureux qu'elle soulage. Sur les fresques des premiers artistes de la renaissance qui forment les fonds, les personnages, plus grassement peints, se détachent avec une grande vigueur. Une lumière éclatante s'étend sur le motif principal du tableau et donne à la figure d'Elisabeth comme un reflet de gloire. Je ne crois pas que M. Laugée ait jamais atteint ce talent de composition et cette splendeur d'exécution. Félix Jahyer - Etude sur les Beaux-Arts - Salon de 1865, Paris.

Alfred Darcel dans Les artistes Normands du Salon de 1865, commente ainsi : Nous arrivons enfin a la Sainte Elisabeth de France, de M. D. Laugée, de Maromme, l'un des tableaux de l'exposition qui ont obtenu le plus de succès, et certainement la meilleure des œuvras produites jusqu'ici par notre compatriote.
Aujourd'hui nous avons des institutions charitables fort bien organisées et placées sous la protection de patronnesses, princesses ou femmes de grands fonctionnaires, qui s'occupent une fois par an des comptes qu'on leur présente. Pendant le moyen-âge, surtout au treizième siècle, l'administration était moins savante, mais la charité était plus effective, et c'étaient les reines et les princesses qui soignaient souvent de leurs mains les malades et les pauvres. Il est vrai qu'on en faisait des saintes pour le ciel.
C'est dans l'accomplissement de l'un de ces actes charitables que la sœur de Saint Louis est représentée par M. Laugée. Une des salles de l'abbaye de Longchamp, qu'elle avait fondée, a reçu des mendiants des deux sexes assis sur des bancs de bois qui garnissent les deux côtés de la pièce. Au fond, sous un dais rouge fleurdelisé, se dresse le siège de l'abbesse, où a pris place un mendiant vêtu d'une ample robe brune, les pieds posés dans un large bassin de cuivre. La sainte, vêtue d'un long manteau bleu fleurdelisé, est agenouillée devant lui, sur les degrés de l'estrade, prête a essuyer ses pieds avec les linges que lui présentent deux religieuses vêtues de noir qui se tiennent debout derrière elle, au fond à droite. Da l'autre côté, pour balancer ce groupe, une mère s'avance guidant vers la sainte son fils déjà grand.
M. D. Laugée a suffisamment sacrifié à l'archéologie dans cette composition, sans s'y être attaché plus qu'il ne convient L'architecture de sa pièce est simple et fort probable; les deux tapisseries à personnages qui garnissent le mur du fond, de chaque côté du dais, sont d'un dessin archaïque fort juste.
Nous ferons une réserve pour la couleur du dais. Nous concevons que M. D. Laugée l'ait choisis rouge, dans la crainte, s'il l'avait faite bleue, de rompre l'harmonie générale de ses fonds. Mais alors il ne fallait point, ce nous semble, semer ce dais de fleurs de lis, car le fond n'indique plus héraldiquement qu'une famille qui n'est pas celle de France.
Mais il ne s'agit point ici d'archéologie ni d'art héraldique, mais d'une scène éminemment remarquable par les qualités perspectives du dessin et de la couleur. L'œil s'enfonce dans ce cadre, où l'air enveloppe tous les personnages et les isole les uns des autres, où la lumière qui frappe sur la sainte et sur les groupes de droite se brise et se reflète en chaudes colorations, pour atteindre les personnages placés du côté opposé dans la pénombre.
Par quel art M. D. Laugée a-t-il obtenu ce résultat? C'est un peu par un artifice. Chaque personnage de sa composition est cerné par un contour noir, comme dans les peintures murales, procédé qui a pour propriété première d'accentuer les contours et de leur donner plus de fermeté, et pour propriété seconde, en isolant les colorations diverses les unes des autres, de les harmoniser entre elles, effet que l'on remarque dans les vitraux et dans les miniatures, du treizième siècle. De cette façon le modelé intérieur peut être plus simple et plus sommaire sans qu'il y paraisse dans l'effet général du tableau. Par suite, les tons peuvent être moins fatigués que lorsque le relief est obtenu par la recherche obstinée du modelé et par l'étude attentive des plans.
Familiarisé avec ces effets par les peintures décoratives qu'il a exécutées dans l'église collégiale de Saint Quentin, M. D. Laugée les a appliqués avec beaucoup d'habileté dans son tableau de cette année. Les tons de sa peinture, peu modelée, possèdent toute leur fraîcheur, tandis que, maintenus par le contour qui les cerne et les isole des tons voisins, ils prennent une valeur, un éclat et une harmonie qu'ils eussent sans cela possédés à un moindre degré.
Nous ne conseillerions pas à tout le monde d'en agir ainsi, car pour arriver à la justesse d'effet que M. D. Laugée a obtenue, il faut, comme lui, posséder toutes les roueries de la couleur en même temps que la science du dessin. Et puis, de tels artifices ne conviennent pas à tous les sujets comme à cette scène quasi religieuse, qui montre la gravité et l'ordonnance d'une peinture décorative.

Paul Mantz - Le Salon de 1865 - Gazette des Beaux-Arts, Courrier Européen de l'Art et de la Curiosité, 1865, Paris. : Un tableau excellent, et de beaucoup meilleur que tous ceux que l'artiste nous avait montrés  jusqu'à ce jour, est la Sainte Elisabeth de France, de M. Laugée. Esprit assoupli et prompt aux inventions les plus diverses, M. Laugée a peint des scènes religieuses, des portraits, des paysanneries, dans une manière étudiée et loyale qui lui a valu plus d'un succès. Sa Sainte Elisabeth ne réussira pas moins. La sœur de saint Louis, fondatrice de l'abbaye de Longchamps, est pieusement occupée à laver les pieds à. des pauvres. La composition se développe en largeur et rappelle, mais sans pastiche, l'arrangement symétrique des peintures anciennes. Le mobilier qui décore la salle, les tapisseries qui en recouvrent les murs, les costumes des personnages ont, sans la moindre trace d'archaïsme, une saveur historique très-suffisante. Les expressions des physionomies sont nettement et finement écrites; chacune des figures est bien à sa place et dans son rôle. La couleur est brillante et juste. Il nous semble que M. Laugée vient de faire un grand pas.

G. Vattier - Salon de 1865 - Courrier du Dimanche. : Le tableau de genre historique qui a les honneurs de la présente Exposition est celui de M. Laugée : Sainte-Elisabeth de France, sœur de Saint-Louis, lavant les pieds des pauvres à l'Abbaye de Longchamps. La composition inventée avec bonheur est très attachante : l'artiste a su trouver pour ses mendiants des attitudes et des expressions qui ne se ressemblent pas et qui offrent toutes de l'intérêt : seulement, et comme il faut toujours que la critique montre le bout de l'oreille, le pauvre assis sur le trône nous semble trop solennel ; il se fait laver les pieds en prenant des airs de philosophe absorbé dans la plus grave et la plus haute contemplation. Sainte Elisabeth, dont la pose est vraie et naturelle, ne mérite que des éloges ; un amour tendre de l'humanité, le sentiment d'un devoir humblement accompli, respirent dans toute cette figure délicatement traitée. Par les moyens les plus simples et parce qu'il s'est profondément pénétré de son sujet, M. Laugée arrive à l'impression religieuse la plus sévère. N'omettons pas de signaler l'entente de la lumière qui complète l'effet de cet excellent tableau.


Louis Auvray - Le Salon de 1865 - Revue Artistique et Littéraire, 1865, Paris. : Les sujets religieux et mythologiques occupent encore et occuperont toujours une large place dans nos Expositions des Beaux-Arts. Le tableau de M. Laugée, Sainte Elisabeth de France, sœur de saint Louis, lavant les pieds des pauvres de l'Abbaye de Longchamp, dont elle était fondatrice, a obtenu un succès mérité. D'une couleur charmante, composée simplement et avec goût, bien étudiée et bien rendue dans toutes ses parties, cette peinture a produit un effet saisissant sur les nombreux visiteurs du Salon de 1865.

Bulletin de l'Union des Poètes - Salon de 1865. : Donc, juste au-dessous de la Vierge et l'Enfant Jésus, de Lambron, qui ont la couleur d'un blanc et d'un jaune d'œuf dur au milieu d'un plat, d'oseille environné de mouches, se trouve, pour le contraste, le très-remarquable tableau de Laugée : Sainte Elisabeth de France lavant les pieds des pauvres. A la bonne heure! Dans une salle où le clair-obscur est admirablement ménagé, s'élève un trône rouge, où un malandrin en haillons d'amadou est assis, les pieds dans un bassin de cuivre qui brille sur une nappe blanche. Du haut de sa gueuserie le pauvre hère considère tranquillement la majesté de la princesse au riche manteau bleu, qui s'est agenouillée pour accomplir son acte de pénitence et d'humilité; tandis que, à droite et à gauche, d'autres gueux sont rangés sur des bancs attenants aux lambris, occupés, les uns à se déchausser pour la cérémonie, les autres, à replacer leurs guenilles, l'oint d'empâtements, mais des touches sobres et savantes; de la composition, du dessin, de la couleur, de l'art et de la poésie; c'est tout ce qu'il faut pour faire un très-bon tableau.

Salon des Beaux-Arts de 1865 Tribune artistique et littéraire du Midi. (1865/07-1866/06) : Sainte Elisabeth de France lavant les pieds des pauvres à l'abbaye de Longchamps : deux religieuses assistent la soeur de saint Louis ; les pauvres, au nombre de dix, sont rangés dans une vaste salle dont les murs sont couverts par une magnifique  tapisserie. Figures ayant à peu près 30 centimètres de hauteur. Bonnes expressions. Riche coloris.

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