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Désiré François Laugée

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Peinture : La Question

La Question
La Question

Désiré François Laugée
La Question


Technique : Huile
Support : Toile
Sujet : La Question d’après l’histoire des Ducs de Bourgogne du Baron de Barante
Localisation : Fondation-Calvet
Date : 1881 -

La Question par Désiré François Laugée

La question Desire Francois Laugee peintre poete peintres et sculpteurs

La question : peinture de Désiré François Laugée (1881) d’après l’histoire des Ducs de Bourgogne du Baron de Barante. Salon 1881. Peinture académique de Désiré François Laugée traitant de sujets religieux ou épiques. Le supplicié est en pleine lumière alors que les juges sont retirés dans l’ombre. C’est le supplicié qui est le centre du tableau vers lequel le regard se dirige. Le jeu d’ombre et de lumière peut aussi faire comprendre que la vérité qu’incarne la lumière est du côté du supplicié, l’ombre dans laquelle se retrouve les juges évoquant ce qu’il y a de plus bas dans l’âme humaine. Qu’aurait dit Karl Jung de ce tableau ?

Dans le « Feuilleton du Siècle » sous la signature de H. Havand (signature peu lisible) le commentaire suivant est fait : « Monsieur Désiré Laugée est un artiste de mérite et d’expérience, car il eut, si j’ai bonne mémoire, sa première médaille en 1851 et la croix (Légion d’Honneur) en 1865. M. Désiré Laugée s’est laissé èmouvoir par un passage de l’Histoire des Ducs de BourgogneM. de Barante raconte les horribles tortures auxquelles Pierre Le Bressant, inquisiteur de la Foi, soumit quelques braves gens d’Arras, que cet aimable dominicain suspectait d’hérésie. Et là-dessus M. Laugée nous régale du plus effroyable qu’on puisse imaginer.
Au premier plan, il place une sorte de gril d’invention diabolique, sur lequel un malheureux, brisé, sanglant, retenu par des cordes qui déchirent ses chairs, les pieds pris dans un étau qui meurtrit ses chevilles, crie, pleure, se tord et se débat, pendant que ses féroces bourreaux fixent sur lui des regards chargés de menace et de haine. Je ne sais point d’horreur pareille au supplice de ce malheureux, dont le corps se convulsionne, dont les pieds se crispent sous l’action du feu. Ne vous arrêtez pas devant cette toile sensibles lectrices ; elle vous laisserait dans l’esprit des germes de cauchemar, d’autant plus dangereux qu’elle est, ma foi, fort bien peinte.
Je n’aime pas beaucoup, je l’avoue, les linges qui entourent les reins du patient. Ils semblent en bois ou pétris en mortier. En outre, si vraiment la chair brûle, les linges devraient au moins fumer. Le groupe des juges ne me plait pas non plus d’une façon absolue. Mais le corps du martyre, mis en belle lumière, modelé de main de maître, est capable de glacer le spectateur d’épouvante et de troubler le sommeil le plus aguerri. Est-ce à dire qu’ainsi restituée, la scène au moins soit vraie ? Assurément, non. M. Laugée, pénétré de son sujet, a donné à ses inquisiteurs des airs méchants et féroces, alors qu’il eut du leur donner des mines béates et presque souriantes. Pour de pareils monstres, ces cris, ce sang, ces douleurs, étaient un régal ; ces tortures, une distraction ; ces horreurs, un passe-temps. Sans remonter jusqu’au XV° siècle et aux atrocités de l’Inquisition, que M. Laugée relise seulement les plaideurs de Racine. Il y verra qu’une pitié animait le cœur des juges d’alors. Il y entendra Dandin demander à sa bru : « N’avez-vous jamais vu donner la question ?
Venez, je vous en veux faire passer l’envie. »
Et comme Isabelle se récrie sur l’inconvenance d’un tel spectacle, le vieux juge lui répond :
« Bon, cela fait toujours passer une heure ou deux. »
Les farouches collaborateurs de Pierre Le Bressant n’avaient point, j’imagine, le cœur plus tendre et la fibre plus sensible, que le juge Dandin. »

Désiré François Laugée était ami avec Alexandre Dumas. Aussi ce dernier place-t-il une reproduction de « La question » en illustration au début de l’édition anglaise de son œuvre « Les crimes célèbres » (Celebrated Crimes II Ed P F COLLIER & SON New York).

Retrouvez cette oeuvre sur Desire Laugee.

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