Joachim Jules Charles Malézieux (18/11/1851 –
03/09/1906), devient le beau-frère de Georges
Laugée en épousant sa sœur Laurence
Laugée, la fille légitime de Désiré,
François Laugée, peintre, et de Céléstine,
Marie Malézieux, le 5 janvier 1881 à Paris, laquelle était
artiste graveur. Elle était aussi
Artiste peintre. Ils eurent ensemble une
fille Odette Malézieux
qui naquit le 04/10/1889 à Saint-Quentin et mourut
le 27/05/1944 à Paris. Odette
Malézieux fut compositeur de musique.
Joachim Jules Charles Malézieux commence sa carrière
en qualité de commis, dans le cabinet de l'architecte
départemental Dablin. Il participe à la confection
des plans de la Sous-Préfecture de Saint-Quentin et
des ateliers Cliff.
Après la mort de celui-ci, en 1872, il crée son propre cabinet
d'architecture à Saint-Quentin, associé
à son frère Albert
Malézieux. Leurs oeuvres sont nombreuses dans
le Saint-Quentinois. Les plus marquantes sont la mairie-école
d'Aubigny et à Saint-Quentin le Crédit
Lyonnais, place de l 'Hôtel de Ville, la Banque
de France ( ancienne maison Pascault) rue d'Alsace,
les Ateliers Mécaniques, rue d'Orléans
(Pierre Brossolette), la maison d’Hugues-Cauvin,
fondateur de la Société Industrielle, en 1895
au coin des rues Raspail et du Gouvernement.
Mais ils construisent aussi à Paris, dont l’hôtel
de Julien Dupré, leur
cousin par alliance, boulevard Flandrin à Paris XVI°..
C 'est à cette époque que se développe son goût
pour les choses du passé, notamment l'archéologie
et l' histoire locale.Il rapporte de tous ses déplacements
à travers le département de l'Aisne, de nombreux
croquis de qualité, réalisés à
la plume, qui dénotent les facilités dont il était doué
en toutes choses.
" L'église sera donc, évidemment,
le sujet le plus fréquemment couché sur son carnet de croquis.
C'est ainsi que pour les communes de l'arrondissement de
Saint-Quentin, auxquelles nous nous sommes limités
dans le présent album, plus de trente églises ont fait l'objet
de ses dessins.
Ceux-ci présentent aujourd'hui un intérêt multiple: artistique
par la qualité de leur graphisme, historique car la plupart de ces
monuments sont disparus, architectural, parce que le dessin est très
souvent complété par un plan, quelquefois par le dessin d'un
ornement, régionale enfin, puisque l'auteur est un artiste local, dont
le talent reconnu à l'époque, est à redécouvrir.
Lors de la disparition de Joachim Malézieux en 1906,
deux albums de ses dessins originaux ont été légués
à la Société Académique de Saint-Quentin.Conservés
précieusement dans ses collections, ils ont échappé par
miracle aux déstructions et aux rapines pendant les deux dernières
guerres.
Ils nous a semblé utile de sortir ces dessins des cartons,et,pour permettre
à tous les amateurs de les apprécier, d'en faire une édition.
Ceux qui sont à la recherche du passé pourront y retrouver une
église, une maison, une fontaine,
un puits, aujourd'hui disparus et qui ne sont plus que la
mémoire du pays.
Du vivant de Joachim Malézieux, la revue "Le
Vermandois" a publié d'autres de ses dessins. Deux de
ceux-ci concernant Joncourt, ont été repris
pour compléter ceux des albums.
Enfin, pour faire place à un monument, lui aussi disparu alors qu'il
était chargé de souvenirs d'histoire, nous avons repris dans
la même revue un dessin du château de Caulaincourt,
mais de la main d'Albert Malézieux,
le frère de Joachim Jules Charles Malézieux,
qui avait lui aussi du talent.
Il sont ainsi associés dans cet album, comme ils le furent dans la
vie."
André Vacherand, Secrétaire Général
de la Société Academique.
( extrait des "Monuments
du Saint-Quentinois" édité par la Société
Académique de Saint-Quentin.)
En même temps que le dessin, il cultive la poésie.
Ce goût pour la cadence et la rime
date de son enfance. A quinze ans, il rédigeait déjà
de charmantes pièces de vers.
Plus tard, malgrés ses nombreuses occupations, il donne des chroniques
d'histoire locale à la "Petite Revue"
et les diverses revues périodiques d'architecture
publient ses pièces de vers où s'exerce sa
verve patriotique contre les injustices, les abus et surtout les atteintes
au bon goût en matière d'art.
Son recueil, " Les Vermiculures",
est édité au profit de la caisse d'assistance aux architectes
français.
Le 3 septembre 1906, Joachim Malézieux meurt à
cinquante cinq ans après une courte maladie. Il est enterré
au cimetière Saint Jean de Saint-Quentin.
Son caveau existe toujours, et est surmonté d’une
colonne brisée. Ce qui laisse à penser qu’il
était membre d’une Loge Maçonnique. De
religion protestante, il a vécu en libre penseur
loin de la pratique religieuse. Son frère Georges
Joachim Léon Malézieux était devenu catholique
très pratiquant et oblat d’un Tiers
Ordre. Les réunions de famille devaient être animées
!!
Il laisse dans ses tiroirs un nouveau recueil de poésies " Les
jours de souffrance".
Il était, comme son père et comme son frère, membre
de la Société Académique de Saint-Quentin.
Il fût également: - Expert près des tribunaux
- Président de la société des
architectes de l'Aisnes
- Vice-président de la société d'assistance confraternelle
des architectes français
- Archiviste de l'association provinciale des architectes français
- Membre de la commission sanitaire de St-Quentin
- Président du jeu de paume de St-Quentin
- Membre de l'association de secours aux blessés
- Membre de l'association des anciens militaires de terre et de mer
et des membres de la légion d'honneur.
- Membre de la Société Académique de St-Quentin
depuis 1877
Joachim Jules Charles Malézieux sera donc architecte,
Poète et Critique.
Joachim Jules Charles Malézieux est décédé
le lundi 3 septembre 1906, à l'âge de 55 ans, à Saint-Quentin.
Son frère et associé Albert meurt à
son tour le 28 octobre 1908. Après la disparition des deux frères,
la famille cède leur cabinet à
Julien Coutelier et Henri Mabille pour la
somme de 5000 francs.
Peintres et Sculpteurs